Les élevages d’ovins, notamment ceux destinés à la production de lait, sont confrontés à un problème de santé majeur : la résistance des vers parasites aux traitements antiparasitaires. Des études ont révélé une inefficacité inquiétante de l’éprinomectine, un vermifuge couramment utilisé chez les brebis laitières. Cette situation met en péril la santé des animaux et la viabilité des fermes.
Les strongles gastro-intestinaux, une menace pour les élevages ovins
Les strongles gastro-intestinaux représentent une menace sérieuse pour la santé et le bien-être des ovins, en particulier pour les brebis laitières. En se fixant sur la paroi intestinale de leur hôte, ces vers parasites provoquent des hémorragies et des inflammations qui peuvent conduire à une anémie sévère, une perte de poids et, dans les cas les plus graves, à la mort de l’animal.
Parmi les espèces de strongles les plus fréquemment rencontrées chez les ovins figurent Hæmonchus contortus, redoutable pour sa voracité sanguine et sa capacité à induire une anémie rapide. Ce parasite a un impact direct sur la production laitière, puisqu’il réduit la quantité et la qualité du lait. De plus, les animaux infestés sont plus sensibles aux autres maladies et ont une moindre résistance aux conditions climatiques défavorables.
Une résistance grandissante aux vermifuges, un défi pour la filière ovine
Face à la menace que représentent les strongles gastro-intestinaux, les éleveurs de moutons ont longtemps utilisé les vermifuges comme principal moyen de lutte. En éliminant les parasites présents dans l’organisme de l’animal, ces médicaments permettaient de contrôler les infestations et de limiter les pertes économiques. Cependant, l’utilisation répétée et parfois abusive de ces produits a favorisé l’émergence de souches de vers résistants.
Les mécanismes de développement de la résistance sont complexes et impliquent des modifications génétiques des parasites, ce qui leur offre l’opportunité de survivre au traitement. L’usage de doses sous-thérapeutiques, l’administration de traitements à des animaux non infestés et le choix de produits moins efficaces sont autant de facteurs qui provoquent l’apparition de tolérances aux médicaments.
L’éprinomectine, un vermifuge largement utilisé en élevage de moutons, a fait l’objet de nombreuses études qui ont mis en évidence une perte d’efficacité progressive. Cette mutation est due à la sélection de souches de Hæmonchus contortus capables de survivre à l’action de la molécule. Les conséquences de cette résistance sont importantes, puisqu’elle limite les options thérapeutiques disponibles et complique la gestion des infestations parasitaires chez les ovins.